Découverte d’une bactérie intestinale qui pourrait lutter contre l’obésité et le diabète

Au bout de 10 ans de recherches, une équipe de scientifiques du Drug Research Institute (Université Catholique de Louvain, Belgique) est parvenue à identifier une bactérie aux bénéfices insoupçonnés. Il s’agit de l’Akkermansia municiphila, une bactérie qui peuple la flore intestinale de l’homme. Une découverte en guise de nouvel espoir pour les diabétiques et les patients atteints de surpoids ou d’obésité.

Des comprimés contenant la bactérie pour traiter le surpoids et les maladies cardiovasculaires

Si l’Akkermansia municiphila fait partie intégrante du microbiote intestinal, on sait que cette bactérie est présente en moindre quantité chez les personnes obèses ou résistantes à l’insuline. Cette corrélation a incité les biologistes à étudier de plus près la bactérie, dans l’espoir d’y découvrir des vertus amincissantes et anti-diabète. Après que les expérimentations sur les souris se sont avérées concluantes, les chercheurs ont poursuivi leurs tests sur une trentaine de volontaires.

Ceux-ci ont été répartis en 2 groupes. Le premier a reçu des comprimés contenant des Akkermansia pasteurisés, tandis que le deuxième a pris un médicament placebo. En effet, en plus de décupler son efficacité, la pasteurisation empêche cette bactérie de proliférer aux dépends des autres micro-organismes présents dans les intestins.

3 kilos en moins et un taux de cholestérol en baisse après le traitement bactériologique

Après 3 mois, le groupe de patients traités a perdu 3 kilos en moyenne. De même, leur taux de cholestérol a diminué de 9%. Au vu de ces résultats, les patients enrobés qui envisagent une chirurgie pour affiner la silhouette pourraient bientôt lui préférer un traitement oral à base de bactéries.

Par ailleurs, les personnes ayant ingéré la bactérie ont montré une meilleure sensibilité à l’insuline. Comme cette hormone est essentielle à la métabolisation du glucose, elle permet à terme de réguler les taux de glycémie et d’éviter l’aggravation du diabète. Selon les chercheurs, l’Akkermansia serait aussi efficace pour prévenir que pour traiter certaines maladies cardiovasculaires.

Le microbiote intestinal : un « organe » aux fonctions multiples

Il existe plus de bactéries dans les intestins que de cellules dans le corps humain ! A la faveur de cette diversité biologique, le microbiote intestinal contribue grandement au bon fonctionnement de l’organisme. De ce fait, les scientifiques considèrent la flore intestinale comme un organe à part entière.

Malgré la présence de certaines espèces pathogènes, les bactéries qui colonisent les intestins sont en majorité bénéfiques. Elles contribuent notamment à renforcer le système immunitaire et sont indispensables au processus digestif (décomposition des fibres alimentaires, production de vitamines et d’acides aminés…) Par ailleurs, de nouvelles recherches suggèrent que l’Akkermansia municiphila pourrait lutter contre certaines maladies neurodégénératives.

Si les premiers résultats semblent prometteurs, il ne faut pas considérer l’Akkermansia comme un futur remède miracle. Il reste beaucoup de chemin à parcourir avant que ces compléments alimentaires ne soient commercialisés. Et même si le traitement était disponible dans les pharmacies, son efficacité serait aléatoire sans une thérapie nutritionnelle et un mode de vie actif.