Chirurgie plastique du nez : avoir une peau épaisse va-t-il affecter le résultat de la rhinoplastie ?

Au-delà de l’habilité du chirurgien maxillo-facial, la nature de la peau recouvrant le nez conditionne le résultat de la rhinoplastie. Si le tissu cutané est trop épais, la plastie d’affinement du nez sera compliquée à réaliser, notamment sur la pointe nasale. De même, le résultat postopératoire mettra plus de temps pour se stabiliser. Quoi qu’il en soit, le praticien adaptera sa technique chirurgicale pour éviter aux mieux les contraintes liées à une peau du nez épaisse.

L’impact de l’épaisseur de la peau pour la rhinoplastie

L’aspect du nez dépend en grande partie de la forme et de la structure du squelette nasal. C’est pourquoi la rhinoplastie esthétique est essentiellement orientée vers le remodelage des tissus osseux et cartilagineux sous-jacents. Cependant, une peau trop dense peut camoufler le travail chirurgical qui a été fait sur le nez. Parfois, la pointe nasale est tirée vers le bas sous le poids de la peau épaisse, en particulier lorsqu’elle est privée de soutien cartilagineux.

La peau épaisse est un défi pour la chirurgie plastique du nez

Lorsqu’elle est épaisse, la peau recouvre très bien le squelette sur toute la surface du nez, masquant les irrégularités sous-jacentes. Mais ceci peut être rédhibitoire lorsque l’on souhaite avoir un petit nez. Une peau nasale excessivement épaisse est souvent préjudiciable à l’harmonie et l’équilibre esthétique du visage.

Elle constitue également un défi pour le chirurgien. Elle forme une résistance lorsqu’il s’agit de façonner le cartilage ou de remonter la pointe du nez. D’ailleurs, les techniques chirurgicales qui affaiblissent sévèrement le cartilage de l’extrémité nasale donnent un résultat mitigé. Elles donnent une pointe du nez comprimée et trop arrondie, car la peau perd son support. Dans ce cas, le chirurgien privilégiera une stabilisation structurelle du nez, en vue d’obtenir un nez bien formé sans être trop petit. Il veillera également à effectuer des greffes de cartilage afin de garder la peau du nez sous tension.

Ainsi, la rhinoplastie gros nez n’implique pas toujours d’affiner la structure nasale à outrance. Un nez bien dessiné, mais légèrement plus gros, sera plus esthétique qu’un petit nez mal défini.

En outre, les cas extrêmes comme une peau très fine ou très épaisse impliquent une approche différente et des techniques opératoires adaptées.

Peau nasale épaisse : risque de de gonflement prolongé du nez et de cicatrisation excessive

La peau épaisse a tendance à faire gonfler le nez plus longtemps, surtout sous la pointe nasale. Chez certains patients, l’enflure peut persister jusqu’à 36 mois. Le résultat final de la rhinoplastie ne peut être évalué qu’une fois ce délai passé.

En outre, la plupart des patients à peau épaisse et grasse sont sujets à une fibrose cicatricielle des tissus sous-cutanés. Celle-ci peut annuler les améliorations chirurgicales du contour nasal.

Dans certains cas, des stéroïdes peuvent être injectés sous le bout du nez quelques semaines après la rhinoplastie. Cette mesure vise à éviter l’aggravation des cicatrices et prévenir une réaction plus forte du tissu conjonctif. Habituellement, le médecin peut recommander un traitement qui s’étale sur plusieurs séances, avec un intervalle de 6 semaines entre les injections.

Parfois, le chirurgien plastique doit se résoudre à des modifications légères et subtiles, afin de prévenir toute réaction cicatricielle exagérée. Chez certains sujets opérés du nez, l’évolution incontrôlée des cicatrices peut entraîner l’oblitération des ouvertures des narines. En résulte une défiguration irréversible en dépit des traitements disponibles. Heureusement, ces cas de figure restent extrêmement rares.